Programme d'observation
Dès la préparation de l'Année Géophysique
Internationale (AGI) en 1956, l'Institut de Physique du Globe de Strasbourg
a participé au programme d'observation du champ magnétique
terrestre dans l'hémisphère sud. Après le premier
hivernage d'une mission française à l'intérieur du
continent antarctique (l957: R. Schlich était chargé des
observations magnétiques à la station Charcot), 18
ingénieurs ou DEA de l'Institut de Physique du Globe de Strasbourg
(plus tard Ecole et Observatoire de Physique du Globe) ont été
responsables des
observations effectuées dans les quatre observatoires magnétiques
situés dans le Territoire des Terres Australes et Antarctiques
Françaises (TAAF).
Les premiers observatoires permanents ont été implantés
sur le continent antarctique à partir de 1950. L'AGI (1957-1958) fut
à l'origine d'un effort mondial important et la France participa
à cette entreprise en fondant les observatoires de Dumont d'Urville
(Terre Adélie) et de Port-aux-Français (Kerguelen). Par la suite,
afin de compléter le réseau mondial dans le secteur sud de
l'océan Indien, l'Association Internationale de
Géomagnétisme et d'Aéronomie (AIGA) recommandait
successivement l'ouverture d'un observatoire dans l'archipel des Crozet (l974)
et à l'île Amsterdam (1981). Le Bureau Central de Magnétisme
Terrestre (BCMT) coordonne, au plan national, les activités des
observatoires magnétiques français.
Conformément aux recommandations de l'AIGA, le programme d'observation
comporte la mesure absolue des éléments du champ magnétique
terrestre, l'enregistrement continu des variations temporelles, le calcul
des indices d'activité et la détermination de la variation
séculaire. Les observations sont effectuées sur le terrain par
de jeunes diplômés effectuant leur service national dans le cadre
de l'Aide Technique. Les données sont régulièrement
transmises aux centres mondiaux.
Le service des observatoires magnétiques conduit une activité
instrumentale (appareillage original pour les mesures absolues,
variomètres triaxiaux, dispositifs d'acquisition de données).
Les caractéristiques des équipements réalisés
à l'EOPG (actuellement EOST: Ecole et Observatoire des Sciences de la
Terre) sont compatibles avec les critères définis
pour les observatoires du réseau
INTERMAGNET (réseau global
d'observatoires magnétiques numériques fournissant des
données en temps quasi-réel, via les satellites de
télécommunication). Les observatoires de Crozet, de Kerguelen
et de l'île Amsterdam ont rejoint le réseau
INTERMAGNET entre
1991 et 1992. Par ailleurs l'EOST travaille en collaboration avec l'observatoire
d'Antananarivo (Madagascar) qui a été équipé des
mêmes matériels que les observatoires austraux. Enfin, dans
le cadre du projet franco-italien CONCORDIA, l'EOST a, conjointement
avec l'Instituto Nazionale di Geophysica (ING, Rome), la responsabilité
de l'installation d'un observatoire magnétique sur le site du Dôme
C (74°40'S et 124°10'E, altitude 3200m). En 1997, cet observatoire
et la station russe de Vostok seront probablement les seuls observatoires
magnétiques en opération à l'intérieur de
l'Antarctique.
Traditionnellement les mesures de champ magnétique ont servi à la
description de la figure du champ et à la mise à jour des
modèles de potentiel géomagnétiques. Aujourd'hui la
cartographie du champ principal et son évolution au cours du temps
(variation séculaire) constituent les principales sources d'information
sur la dynamique du noyau et son interaction avec le manteau. On mesure ainsi
l'importance des observatoires français austraux qui occupent une
position géophysique privilégiée dans
l'hémisphère Sud.
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