LA SISMICITE DE LA FRANCE

La France métropolitaine est un pays à sismicité modérée.

En Europe, comparée à la Grèce ou à la Turquie, la France métropolitaine est une région à sismicité moyenne. Les séismes y sont essentiellement superficiels, leur foyer se situe dans la croûte terrestre. Ils résultent du rapprochement lent entre la plaque africaine et la plaque eurasienne et sont répartis le long des zones de failles et de plissements souvent anciennes.

On dénombre en moyenne chaque année une vingtaine de séismes de magnitude supérieure à 3.5 alors que plusieurs milliers sont ressentis dans l'ensemble du bassin méditerranéen. Néanmoins, la France a subi dans le passé des séismes destructeurs qui se sont produits sur le territoire national ou dans des régions frontalières.

Cette sismicité est concentrée sur quelques régions :

  • Le sud-ouest pyrénéen sur le versant Nord au niveau du contact entre la zone axiale des Pyrénées d'âge primaire et les terrains plissés de l'avant-pays d'âge secondaire.
  • Le sud-est avec en particulier la zone des plis alpins, les séismes du Briançonnais et de l'arrière pays niçois.
  • La zone du socle hercynien de la Bretagne, de la Vendée, du détroit du Poitou, du Massif Central et du sud-ouest des Vosges. Ainsi la vieille cicatrice hercynienne coupe la France en diagonal de l'île d'Oléron aux Cévennes (plus des ramifications).
  • Les fossés d’effondrement d'âge tertiaire, Fossé Rhénan, Limagnes d'Allier et de Loire.

    Les deux grands bassins sédimentaires parisien et aquitain sont quasiment asismiques.
    Enfin, la Corse reste très peu sismique bien qu'elle ait connu un séisme de magnitude 4.4 en 1978.


  • Carte réalisée à partir des données du BCSF du 1980 à 2000

    Les zones sismiques de la France métropolitaine


    Les alpes et la Provence

    L'activité sismique des Alpes est liée à la déformation de la marge de la plaque Européenne.
    Au nord, une bande sismique s'étend sur 50 km de large depuis Chamonix jusqu'à Valence.
    Cependant, toute cette zone provençale est peut-être actuellement le siège d'une lacune sismique, c'est-à-dire une zone reconnue comme sismique autrefois mais dont l'activité sismique est relativement faible aujourd'hui. Ceci impose une surveillance particulière d'autant que la densité de la population a beaucoup augmentée ces dernières décennies.
    Au sud, jusqu'à la Méditerranée, de Marseille à Cannes, la sismicité est nulle. On y ressent néanmoins des séismes dont les foyers se situent plus à l'Est, à partir de Nice en direction de l'Italie (cela correspondrait à la limite des plaques Afrique et Europe).
    Enfin, on observe une activité assez régulière et importante dans le Queyras et l'Ubaye mais également dans les régions internes des Alpes et notamment dans le Briançonnais.

    La vallée du Rhône

    A l'Ouest des Alpes, de Valence jusqu'en Provence occidentale et jusqu'en bordure du Massif Central, la vallée rhodanienne est une zone de rift datant de 25 Ma, et donc à l'origine d'une ligne sismique allant du Tricastin jusqu'à Cavaillon et Nîmes. La région de Montélimar a connu plusieurs séismes qui ont atteint l'intensité VIII (1772-1773, 1873 et 1901). Cette zone a été l'objet d'une surveillance accrue suite à l'installation de centrales nucléaires.

    Les Pyrénées

    La chaîne des Pyrénées s'est formée suite au grand coulissage qui s'est produit voilà 100 Ma le long de la faille nord-pyrénéenne, déplaçant l'Espagne vers l'Est, suivi par un déplacement vers le Nord de cette dernière. L'activité sismique est importante et assez homogène le long de l'axe. Elle est surtout concentrée dans certaines zones comme Arette, Arudy et Saint-Paul de Fenouillet qui a connu en le 18 février 1996 le plus fort séisme français depuis 40 ans (MS = 5.6), la Bigorre, Bagnères-de-Luchon et le massif de la Maladetta, Andorre.
    Actuellement, le Roussillon a une activité sismique faible, ce qui n'a pas été toujours le cas dans le passé avec notamment le séisme de Catalogne de 1428 qui a fait de gros dégâts. On pourrait donc croire à une phase de lacune sismique.

    Le fossé rhénan et l'Auvergne

    Ce sont des régions en extension avec des rifts intracontinentaux datant de 30 Ma (oligocène) associés à du volcanisme (Kaiserstuhl à l'Est de Colmar; volcans d'Auvergne). La sismicité n'est pas très élevée actuellement, mais dans le passé la région a subi de fortes secousses comme le séisme de Bâle de 1356 (intensité X). Près de Clermont-Ferrand, deux séismes d'intensité VIII se sont produits en 1477 et 1490. Depuis quelques années, le Livradois (région montagneuse d'Auvergne) connaît une certaine activité sismique.

    Massif armoricain, Massif central occidental, Vosges

    Ces massifs correspondent à l'ancienne chaîne hercynienne (300 Ma). La sismicité est régulière mais assez diffuse. Le séisme le plus marquant est sans doute celui de Remiremont dans les Vosges en 1682. Des séismes plus récents ont eu lieu au Sud de la Bretagne (1930 dans le Morbihan; 1959 près de Quimper), à l'île d'Oléron (1972), à l'Ouest du Contentin (1926) ainsi que les deux crises qui ont secoué en 1977 les régions d'Eguzon (Indre) et de Cosne d'Allier.

    Les Territoires et Départements Français d'Outre-mer (DOM-TOM) ont une activité sismique assez importante.

    Outre le risque volcanique, le risque sismique est plus important dans les DOM-TOM qu'en France métropolitaine, d'où la mise en place, depuis une quinzaine d'années, d'un important réseau de stations dans les Antilles et dans la Réunion .

    L'activité sismique des Antilles est la plus importante parmi les DOM-TOM. L'archipel des Petites Antilles, formé par la subduction de la plaque nord-américaine sous la plaque des Caraïbes, a connu de nombreuses catastrophes sismiques, en particulier en 1690 au nord-ouest de la Guadeloupe, en 1831 à l'Est de la Martinique et surtout le séisme du 8 février 1843 qui détruisit Pointe-à-Pitre et causa la mort de 15 000 personnes. Plus récemment, en 1985, une secousse de magnitude 6 a fortement ébranlé la Guadeloupe et Pointe-à-Pitre. D'après la situation géodynamique et les informations historiques, les risques sismiques restent importants aux Antilles.
    Les foyers sont regroupés dans la partie nord de l'arc. Leur profondeur peut atteindre 200 km. Ceux qui se situent entre 100 et 200 km sont répartis dans une zone de 75 km de largeur sous les îles de l'arc. Ces séismes représentent 25% de la sismicité totale des Antilles. C'est dans la partie centrale de l'arc, entre Dominique et Sainte-Lucie, que l'on observe les plus grandes magnitudes.

    La Réunion, quant à elle, subit essentiellement des séismes d'origine volcanique.


    Documents joints :


    A consulter aussi :

    • La rubrique "Sismicité" du site du ReNaSS pour connaître le détail des derniers séismes en France.



    Documents pédagogiques, E.O.S.T Strasbourg