Le but de la construction parasismique consiste à
trouver des techniques de génie civil permettant aux habitations
de résister à toutes les secousses d'intensités inférieures
ou égales à l'intensité nominale fixée par
la loi.
On a fait beaucoup de progrès dans ce domaine depuis les années
60 et on a élaboré différentes techniques de conception
parasismique d'ensemble:
Ainsi la construction parasismique ne consiste pas uniquement en l'élaboration de techniques de construction mais d'un ensemble de méthodes permettant aux bâtiments de résister aux secousses des séismes.
Les trois grandes activités de la construction parasismique sont: l'étude des sols, la construction de bâtiments neufs parasismiques, le renforcement des bâtiments déjà construits.
L'étude des sols
Pour mesurer l'influence des sols en matière de construction
parasismique, on commence par étudier un facteur important qui est
la façon dont les bâtiments "bougent" lorsqu'ils subissent
les mouvements du sol. Comme on peut le voir sur le dessin ci-dessous,
les grands et les petits ouvrages ne se comportent pas de la même
façon. Ce qui intéresse les spécialistes ce sont les
périodes de ces mouvements. Si ces périodes sont du même
ordre que les périodes de vibration des sols sur lesquels ces bâtiments
sont construits il peut se produire des phénomènes de résonance,
ce qui augmente considérablement l'amplitude des mouvements et donc
les contraintes qu'ils subissent.
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Réponse d'un bâtiment de grande taille à
un mouvement horizontal du sol comparé à la réponse
d'un bâtiment de petite taille.
Les périodes de vibrations ne sont pas les mêmes: les petits bâtiments bougent "en bloc" alors que les grands bâtiments se déforment et ont des vibrations plus complexes. |
Pour étudier ce problème, on effectue des tests en laboratoire en utilisant des reconstitutions d'immeubles en modèles réduits (mais ces modèles ont tout de même des hauteurs de l'ordre de 10 mètres). On place ces maquettes sur des verrins et on crée artificiellement des mouvements à leur base. Ainsi on peut savoir parfaitement comment se comporte les bâtiments selon leur taille par rapport à un type de sol donné. On en a déduit que beaucoup de grands immeubles étaient plus vulnérables s'ils étaient construits sur des couches plutôt "molles" de grandes épaisseurs (comme les sols argileux). En revanche, les petits immeubles étaient en général très endommagés lorsqu'ils étaient construits sur des sols durs et de faibles épaisseurs (comme des sols granitiques).
Un autre problème du même type est le phénomène
de liquéfaction des sols. C'est l'un des effets secondaires des
séismes avec les feux, les glissements de terrains et les raz-de-marées.
Ces effets secondaires sont parfois plus destructeurs que les séismes
eux-même. Si les sols sont saturés en fluides (sols contenant
de fortes proportions de sable), les fortes secousses provoquées
par les séismes crée des surpressions dans ces fluides ce
qui provoque des effondrements locaux de terrains. Ceci entraine dans le
sol les bâtiments construits sur ce type de terrain. On peut voir
ce phénomène sur la photo ci-dessous, lors du séisme
de Turquie du 17 Août 1999.
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Cet immeuble s'enfonce dans le sol, à cause
des phénomènes de liquéfaction. |
La construction des bâtiments neufs
Il existe plusieurs techniques simples pour construire des bâtiments
parasismiques.
Une structure symétrique donc très stable |
Une structure en "L" présentant une zone très exposée au niveau de l'angle droit |
Des colonnes supportent la construction et constituent une zone de faiblesse susceptible d'entrainer l'effondrement du bâtiment à la rupture des colonnes |
Structure typique avec des arcades qui crée une assymétrie susceptible d'entrainer l'effondrement |
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Ces règles peuvent s'appliquer à tous les types de bâtiments. Cependant, comme les petites et les grandes constructions ne se comportent pas de la même façon lorsqu'elles subissent des secousses sismiques, on a élaboré des techniques de construction différentes pour les bâtiments de petite taille et les immeubles de grandes tailles.
Bâtiments de petites tailles
Bâtiments de grandes tailles
Renforcement des bâtiments anciens
La construction parasismique présentée
ci-dessus représente un surcoût de 5 à 10% environ
dans le prix de construction des bâtiments neufs. Le renforcement
des bâtiments déjà construits coûte beaucoup
plus cher, et ne concerne que les petites constructions. Ce renforcement
consiste à chaîner les bâtiments en construisant des
"joints" pour relier les murs entre eux. Comme cela n'a pas été
prévu lors de la conception du bâtiment, c'est une opération
difficile et délicate.
Il faut aussi renforcer toutes les zones de faiblesses en rajoutant
des structures appelées "longrines" qui solidifient les zones de
discontinuités.
Dans la plupart des pays, aucune construction de plus de 10 ans n'a
été faite selon les normes parasismiques. Le travail de la
construction parasismique dans le futur sera donc le renforcement de toutes
ces constructions exposées. C'est un défi important et urgent
comme on l'a vu en Turquie en Août 1999.
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Bâtiments détruits par le séisme de Turquie |