Un sismomètre ne possédant pas de système d'amortissement n'est en pratique pas utilisable pour bien rendre compte des différentes arrivées d'ondes sismiques. En effet, en théorie, si la masse du sismomètre sort de sa position d'équilibre, elle peut osciller indéfiniment. En pratique, elle est freinée par les frottements mécaniques à l'intérieur de l'appareil, mais elle peut continuer à osciller même si le champ excitateur a disparu et ces oscillations parasites peuvent masquer l'arrivée d'autres ondes. Un système d'amortissement efficace permet donc à la masse d'arrêter rapidement d'osciller dès la disparition du champ excitateur, afin de répondre le plus précisément possible à toutes les arrivées d'ondes.
Les solutions de l'équation de l'oscillateur libre amorti
Pour construire un bon sismomètre, il est
nécessaire de déterminer l'amortissement optimal à
une bonne restitution du mouvement du sol. Etudions donc le comportement
d'un oscillateur amorti en régime libre qui est régi par
l'équation classique suivante:
L'équation caractéristique de l'équation précédente s'écrit:
Le discriminant réduit vaut
On est donc amené à distinguer trois cas selon le signe du discriminant réduit. Ces trois cas correspondent au sous-amortissement, au sur-amortissement et à l'amortissement critique.
1/ Sous-amortissement
Comme l'amortissement est faible, alors
et donc
.
Il y a donc deux racines complexes conjuguées r1 et r2:
et
où
La solution générale de l'équation du mouvement
s'écrit donc:
C'est un mouvement sinusoïdal exponentiellement amorti. La pseudo-période
de l'oscillateur a pour valeur:
![]() |
où T0 est la période propre de l'oscillateur.
![]() |
La période est constante, ce qui n'apparaît pas bien sur le graphique en raison de l'échelle des abscisses
La mesure de la constante d'amortissement se fait grâce au calcul
du décrément logarithmique
:
![]() |
D'après le graphique, on constate que l'amortissement choisi n'est pas suffisant pour contraindre la masse à arrêter d'osciller rapidement. Les vibrations, même si elles sont progressivement atténuées, constituent des sources d'erreurs pour une bonne mesure des véritables mouvements du sol.
2/ Sur-amortissement
On se place dans un cas où l'amortissement est supérieur
à 1:
donc
.
L'équation caractéristique a donc deux racines réelles
r1 et r2:
et
où
L'équation du mouvement a donc pour solution générale:
On constate que c'est un mouvement exponentiel apériodique.
![]() |
Quand le système est sur-amorti, on remarque que toute oscillation a disparu: il n'est donc pas possible que le sismomètre enregistre correctement les mouvements du sol.
3/ Régime critique
Lorsque
,
on dit que l'on est en régime critique. Alors on a
et l'équation caractéristique a donc une racine double r:
La solution générale à l'équation du mouvement
s'écrit:
C'est également un mouvement apériodique.
![]() |
Le mouvement est apériodique critique et on remarque que la masse retourne rapidement vers sa position d'équilibre.
4/ Conclusion
Un sismomètre sous-amorti n'est donc pas utilisable
pour effectuer une bonne mesure des mouvements du sol: en effet, la masse
oscille trop longuement et le signal de sortie se retrouve plus complexe
que le signal d'origine. Dans le cas d'un appareil sur-amorti, c'est le
contraire; le mouvement de la masse est complètement lissé
par l'amortissement. Il est donc difficile d'obtenir un relevé précis
des vibrations du sol. Le choix du sismologue est donc de se rapprocher
juste en-dessous de l'amortissement critique pour que l'oscillation repasse
par zéro. Comme la masse revient assez vite vers sa position d'équilibre,
elle est prête pour réagir à l'arrivée du train
d'onde suivant.
Les solutions de l'équation de l'oscillateur amorti en régime forcé
On considère que le champ excitateur est de
forme sinusoïdale:
.
En régime permanent, la forme de la réponse
du sismomètre est identique, l'amplitude change et un déphasage
apparaît:
.
L'équation du mouvement s'écrit:
M est l'amplification. On peut choisir M= 1 pour faciliter les calculs. Cela correspond à un système sans amplification.
On travaille dans le domaine complexe pour faciliter l'étude.
A z on associe
.
A x on associe
.
L'équation du mouvement s'écrit alors, après simplification:
Calculons l'amplitude et la phase pour connaître la réponse du sismomètre.
D'après l'équation précédente, on a:
On cherche B qui est le module de
.
![]() |
La phase
est
définie par
=
Partie Imaginaire / Partie Réelle et vaut ici:
![]() |
![]() |
D'après le graphique, on remarque que l'amplitude
passe par un maximum pour certaines valeurs de l'amortissement. Calculons
la dérivée de la fonction d'amplitude par rapport à
la pulsation.
![]() |
D'où quand
,
il vient:
![]()
Après simplification, l'équation se réduit à:
![]() |
;
si l'amortissement dépasse cette valeur, alors il n'y a plus de
maximum, comme on peut le voir sur le graphique.
L'amplitude maximale, sous réserve qu'elle existe, apparaît
donc pour:
![]() |
Elle vaut:
![]() |
,
on constate que la fonction d'amplitude n'a plus de pic de distorsion au
niveau de la fréquence de résonnance, ce qui réduit
considérablement le risque d'atteindre les limites de l'appareil.
De plus la bande passante est plus large que pour une autre valeur d'amortissement.
Les sismologues choisissent donc généralement de régler
les sismomètres en dessous de l'amortissement critique pour lequel Il existe deux grands types d'amortissement: l'amortissement
visqueux et l'amortissement électromagnétique.
L'amortissement visqueux n'est presque plus utilisé
aujourd'hui. Son principe est relativement simple: on considère
deux plaques rigides très rapprochées, en mouvement l'une
par rapport à l'autre (par exemple, l'une liée au bâti,
l'autre à la masse); si entre ces plaques se trouve un fluide, le
frottement des molécules va engendrer des forces de viscosité
proportionnelles à la vitesse qui vont s'opposer au mouvement.
Le principe de l'amortissement électromagnétique
est le suivant: on induit une tension dans un conducteur placé dans
un champ magnétique. Le courant induit engendre une force de Laplace
qui s'oppose, d'après la loi de Lenz, à la cause qui
l'a créée, c'est-à-dire au mouvement du conducteur.
Si on fixe un conducteur à la masse d'un sismomètre et qu'on
fixe au bâti un système d'induction magnétique, on
peut créer un amortissement électromagnétique.
(Vorlesungen über Seismometrie, B. Galitzin) |
Un Wiechert horizontal
Ce sismomètre utilise un système d'amortissement visqueux
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Documents pédagogiques, E.O.S.T Strasbourg