Un sismomètre vertical est un sismomètre sensible aux mouvements verticaux du sol. Certains sont construits sur le principe du peson qui sera étudié par la suite et d'autres sur le principe du pendule.
Essayons d'établir les équations reliant le mouvement du sol et le mouvement enregistré par un peson.
L'appareil
On considère une masse m, suspendue à
un ressort de masse négligeable, de constante de raideur k et de
longueur à vide l0. Le dispositif comporte également
un système d'amortissement visqueux de constante
.
Le déplacement du sol est noté zsol et le mouvement relatif entre la masse et le support z.
Le ressort a un allongement l à l'équilibre.

Bilan des forces s'exerçant sur la masse:
- le poids P=mg
- la force d'amortissement
- la tension du ressort
)
On se place dans un référentiel lié
au sol. L'accélération de la masse est donc composée
de deux termes: m
,
qui correspond à l'accélération de la masse par rapport
au bâti et m
,
qui correspond à l'accélération du bâti par
rapport au sol.
En appliquant le principe fondamental de la dynamique, on obtient l'équation
suivante:
Or, à l'équilibre, on a z = zsol =
=
=
=
0. Il vient donc:
L'équation prend donc la forme suivante:
ou encore :
![]() |
On pose généralement:
;
;
Alors l'équation s'écrit finalement:
où
représente la pulsation propre,
est la constante d'amortissement du système et M l'amplification.
Cette équation est classiquement l'équation du mouvement d'un oscillateur amorti.
M=-1 est un résultat normal car il n'y a pas d'amplification
dans notre système. Le signe - qui apparaît est un simple
problème de convention
Solutions de l'équation en régime forcé
Si on suppose maintenant que le bâti du sismomètre
est soumis à un mouvement du sol oscillant de forme sinusoïdale:
,
on atteint alors un régime permanent forcé. La réponse
du sismomètre est de la même forme que l'excitation: la pulsation
est identique, mais il apparaît un déphasage
et l'amplitude change également. La forme de la réponse est
donc la suivante:
.
Dans l'étude qui suit, on cherche à
calculer B et
,
afin de connaître au mieux la réponse du sismomètre.
Il est plus aisé de travailler en complexes:
-à zsol on associe la quantité complexe
;
-à z on associe la quantité complexe ![]()
.
En remplaçant ces deux quantités dans l'équation
du mouvement, on obtient:
![]() |
D'où, en simplifiant par
,
![]() |
On a donc:
On cherche B qui est le module de
.
![]() |
et la phase
est définie par
= Arctan (Partie Imaginaire/Partie Réelle):
![]() |
Il peut être intéressant de connaître
les variations de l'amplitude B en fonction de la pulsation
,
afin de pouvoir, par la suite avoir accès à l'amplitude A
du signal d'origine. Pour cela, étudions la dérivée
de B par rapport à
.
![]() |
Quand
,
on obtient
,
soit
C'est la pulsation propre de l'oscillateur. On la note généralement
:
![]() |
Remarque:
Dans la première partie, on avait déjà posé
pour arriver à la forme finale de l'équation de mouvement:
ce n'était pas par hasard, puisque la pulsation propre est une quantité
qui apparaît naturellement dans l'étude d'un oscillateur.
L'amplitude possède donc un maximum en
.
Ce maximum correspond à la fréquence de résonnance
du système. L'amplitude maximale a ainsi pour valeur:
![]() |
Intéressons-nous aux limites de la fonction d'amplitude:
Quand
tend vers 0, alors B tend également vers 0.
Quand
tend vers
,
alors B tend vers A, qui est l'amplitude du signal d'origine.

Un sismomètre soumis à une excitation sinusoïdale a une réponse de la même forme, au déphasage près. L'amplitude de la réponse varie en fonction de la pulsation d'excitation. On peut cependant remarquer que pour des pulsations suffisamment élevées, elle tend à être identique à l'amplitude du signal excitateur.
Dans les calculs apparaît une pulsation propre
,
qui correspond à la fréquence de résonnance du système.
Lorsqu'on atteint cette pulsation, l'amplitude de la réponse est
maximale, on doit donc veiller à ne pas atteindre les limites de
l'appareil.
Dans la pratique, le mouvement du sol n'est pas monofréquentiel: les ondes sismiques ont des amplitudes et des contenus spectraux très variés (de moins d'une seconde de période à quelques centaines de secondes). Pour analyser le spectre de la réponse, il est en pratique préférable de travailler avec la transformée de Fourier pour se placer dans le domaine fréquentiel. Connaissant la réponse impulsionnelle du système, c'est-à-dire la réponse à une impulsion brève, il est alors théoriquement possible de trouver la réponse du sismomètre à toute excitation.
Le dispositif décrit est extrêmement
simple d'un point de vue mécanique et de nombreux sismomètres
ont été construits sur ce principe. Le Musée de Sismologie
et de Magnétisme Terrestre à Strasbourg présente un
sismomètre fondé sur le principe du peson: le " Wiechert
vertical ", datant de 1909 et pesant 1,2 tonnes. Bien que d'un fonctionnement
théoriquement simple, il pose en pratique de gros problèmes:
très sensible aux variations de température, il a été
caréné, puis équipé d'un système de
pendule à grille, afin de compenser les écarts de température.
Vous pouvez consulter photos et schémas de cet appareil sur le
site du musée.
Wiechert a construit par la suite d'autres sismomètres
verticaux plus légers qui ont été largement répandus.
Ce ne sont plus des pesons mais des pendules. Les sismomètres développés
par la suite suivront d'ailleurs plutot ce principe.
(Vorlesungen über Seismometrie, B. Galitzin) |
Un "petit" Wiechert vertical
dont la masse n'est que de 80 kg. Ce sismomètre vertical
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Documents pédagogiques, E.O.S.T Strasbourg