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Site d'Etude, d'Observation, de Logement et d'Accueil autour de la Nature et de l'Environnement en Ubaye.

L'aléa débâcle glaciaire (le glacier du Fond de Chauvet)

Situé en face Nord du Massif du Chambeyron, le Glacier du Fond de Chauvet est l’unique représentant des glaciers de "vallon" dans les Alpes du sud. Il occupe le fond d’un vallon suspendu entre 2850 et 3160 m. Avec sa superficie de 15 ha, il est le résidu couvert de blocs d’un appareil qui fut au "Petit Age de glace" un des plus importants des Alpes méridionales.

Ce glacier est en fait un "glacier noir" entouré d’un "glacier rocheux" qui est un mélange de pierre, de rochers et de terre gelés en permanence. Dans le vallon de Chauvet, les températures permettent la présence d’un sous-sol gelé en permanence (pergélisol)car l’isotherme 0°c est actuellement situé à 2 400 m d’altitude.

Aujourd’hui, le glacier est en recul libérant une vaste marge pro-glaciaire à faible pente : le Plan de Chauvet. Actuellement le glacier du Fond de Chauvet s’est réfugié dans le fond du vallon entre 2 820m et 3160 m d’altitude.

La première originalité de ce glacier tient dans la vaste étendue remplie de glaces mortes (800 ml) formant le Plan de Chauvet et le versant Nord de l’Aiguille du Chambeyron. Le second point d’intérêt est constitué par les vidanges, de types crue brutale, qui trouvent leur origine dans les eaux de fusion glaciaire et qui dévastent le vallon de Chauvet jusqu’à l’Ubaye. Périodiquement des poches d’eau se forment au niveau du cryokarst. Celles-ci conjuguées avec la fonte de la neige et les précipitations constituent un lac "supraglaciaire" qui s’évacue par des vidanges glaciaires soudaines, dévastant tout sur son passage, en véritable "chasse d’eau".

Depuis 1930, 6 vidanges se sont produites dont les plus récentes 1997 et 2008. Le 25 juillet 1997 et le 17 juillet 2008, 80000 m3 d’eau se sont écoulés dans la pente arrachant tout et déposant prés de 40000 m3 de terre, arbres dans l’Ubaye l’obstruant en partie, provoquant un risque d’embâcle et débâcle très dangereux pour les installations situées à l’aval (camping, ponts etc.).

Dans le cadre d’un projet européen de recherche sur les risques glaciaires (Projet Glaciorisk), le Cemagref a étudié pendant trois ans un certain nombre de glaciers dans les Alpes Françaises. Le glacier de Chauvet avait été choisi comme site d’étude en raison des crues subites qu’il provoque.

D’autre part, des prospections scientifiques ont commencé en 2009, en partenariat entre l’Institut de Physique du Globe de Strasbourg et l’Etat, pour connaître la profondeur et la composition du glacier. Elles devraient être poursuivies pour connaître la nature du verrou (roche, glace, pergélisol…), estimer sa solidité, et ainsi estimer une probabilité de rupture. En 2010 une étude de stabilité du barrage du glacier rocheux a été réalisé par une étudiante en master 1 de l’EOST de strasbourg .

En complément, un levé Lidar aérien (qui consiste en un « scannage » du relief au cours d’un survol aérien) permettrait de connaître et quantifier les possibilités de dépôt de matériaux le long du chenal de vidange. Ceci permettrait d’en déduire une estimation du volume de matériaux qui pourrait atteindre la confluence avec l'Ubaye, en cas de vidange brutale.



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