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Site d'Etude, d'Observation, de Logement et d'Accueil autour de la Nature et de l'Environnement en Ubaye.

L'Ubaye, un territoire et un observatoire naturel d'intérêt scientifique

Situation géographique

La vallée de l'Ubaye est une vallée d'origine glaciaire qui s'étend de 770m (commune du Lauzet-Ubaye) à 3412m d'altitude (Aiguille de Chambeyron). Elle se situe entre les massifs cristallins de l'Argentera et du Mercantour au Sud, le massif du Pelvoux au Nord-Ouest et le Queyras au Nord-Est.

Vue globale du bassin de Barcelonnette

Géologie

Carte et coupe géologiques du bassin de Barcelonnette

Les hauts de versants sont façonnés dans des formations très résistantes (calcaire, flysch) qui se retrouvent jusqu'à des altitudes de 1900-2100m et imposent des pentes supérieures à 45° (Flageollet et al., 1999). Au dessous, les versants intermédiaires, entaillés dans des marnes souvent recouvertes de formations morainiques glaciaires (Würm ou tardi- et post-glaciaire), et de colluvions, possèdent des profils adoucis (pente moyenne de 20° sur l’ubac et de 25° sur l’adret).

La nature des formations et la dissymétrie des versants sont en relation étroite avec l'histoire tectonique de la vallée qui appartient à la zone structurale interne sub-briançonnaise. L'érosion différentielle à ouvert une "fenêtre" tectonique dans les nappes de charriage (calcaire, flysch) qui laisse apparaître les terrains sédimentaires autochtones (marnes noires), profondément incisés. Localement, les versants sont soumis à un ravinement intense responsable d'un paysage de badlands (Roubines). La morphologie de la vallée a été fortement remodelée par le glacier de l'Ubaye lors de la dernière glaciation au Pléniwurm (15000 à 20000 B.P). Les grands appareils torrentiels (Riou-Bourdoux, Faucon, Bourget, Sanières) se sont mis en place à l'Holocène et ont contribué par la suite au modelage des versants, à la juxtaposition des formations superficielles et à la construction d’imposants cônes de déjection larges de 1500m en moyenne (Ballandras et Nevière, 1991 ; Miramont, 1998 ; Remaitre et al., 2005).

Climat

Diagramme de la station de Barcelonnette

L'Ubaye connaît un climat méditerranéen sec et montagnard. Les traits méditerranéens y sont marqués par un fort ensoleillement (> 2700 h.an-1), une sécheresse estivale, et une variabilité forte des précipitations inter-annuelles (730 ± 400 mm sur la période 1928-2002). Le régime climatique présente un pic de précipitations centré sur les saisons d'automme-hiver (épisodes pluvieux longs, liquide ou solide) alors que le printemps et l'été, plus secs, sont caractérisés par des orages violents et très localisés. Les précipitations exceptionnelles de 1957 sur le Queyras et l'Ubaye ont engendré une crue historique dont la période de retour centennale sert aujourd'hui d'aléa de référence pour la prévention des inondations dans le sud-est des Alpes. Les traits montagnards sont marqués par d'importantes précipitations nivales (le cumul des précipitations hivernales représente en moyenne 35% des précipitations annuelles).

Végétation

Etagement de la végétation en Ubaye

La végétation, largement influencée par le climat méditerranéen à influence alpine ce régime climatique et profondément modifiée par l'homme depuis le 11ème siècle, voit prioritairement le développement des conifères. Aux sapins, pins noirs d'Autriche et pins cembros (entre 1000 et 1300m d'altitude), succèdent les mélèzes (entre 1300 et 1800 m d'altitude), puis les pelouses alpines (au-delà de 1900m). Le cortège floristique intègre les principales essences de l'étage subalpin inférieur et moyen. La vallée de l'Ubaye se caractérise également par une faune et une flore exceptionnellement riches.

Empreinte de l'Homme

L'Ubaye est fortement marquée par la présence de l'Homme et de ses activités variées depuis plusieurs siècles, caractérisée par:

  • une intense déforestation au Moyen-Age pour permettre l'agriculture, la culture d'arbres fruitiers, le pâturage et l'élevage, et la construction de bateaux, ce qui a conduit à d’importants phénomènes de torrentialité et d’érosion des sols;
  • des reboisements et des corrections de torrents engagés par le service de Restauration des Terrains de Montagne (RTM) à partir de la deuxième moitié du 19è siècle (Chondroyannis, 1992);
  • une activité contemporaine caractérisée par le tourisme estival et hivernal avec l'implantation de plusieurs stations de ski (Sauze, Super-Sauze, Pra-Loup, Ste-Anne).
Evolution du couvert forestier du Riou-Bourdoux


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